Aurore sur la mer

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photos : Maggie Steber

Je te méprise enfin, souffrance passagère !
J’ai relevé le front. J’ai fini de pleurer.
Mon âme est affranchie, et ta forme légère
Dans les nuits sans repos ne vient plus l’effleurer.

Aujourd’hui je souris à l’Amour qui me blesse.
  Ô vent des vastes mers, qui, sans parfum de fleurs,
D’une âcre odeur de sel ranimes ma faiblesse,
Ô vent du large ! emporte à jamais les douleurs !

Emporte les douleurs au loin, d’un grand coup d’aile,
Afin que le bonheur éclate, triomphal,
Dans nos cœurs où l’orgueil divin se renouvelle,
Tournés vers le soleil, les chants et l’idéal !

Renée Vivien
Etudes et préludes


maggie-steber
 
Finally, I despise you, temporary suffering!
I raised my forehead.  I'm done crying.

My soul is freed, and your light form

In the restless nights no longer comes to touch it. 

Today I smile at the Love that hurts me.
Ô wind of the vast seas, which, without the scent of flowers,
An acrid smell of salt revives my weakness,
Ô offshore wind! Take away the pain forever!

Take the pain away, with a big wing stroke,
So that happiness breaks out, triumphant
In our hearts where divine pride is renewed,
Facing the sun, the songs and the ideal!

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